Diatopes remet le cap

Cela fait maintenant plusieurs semaines que Diatopes était en sommeil. Après un retrait volontaire durant la période de gestation démocratique de l’avenir du pays marquée par les élections présidentielle puis législatives, il nous est apparu légitime d’interroger notre ligne éditoriale. Ce recul nous a donné l’occasion d’appréhender les rapports de force qui se jouent sur notre territoire sous un jour nouveau.

Parmi nos dernières analyses publiées, celle concernant la sécession qui vient dressait le constat amer d’une société paralysée, en retrait, cherchant à disparaître comme pour échapper à l’étau des injonctions contradictoires, des tensions majeures qui caractérisent cette ère de crises. La tête posée sur l’enclume inerte – un pouvoir sans cesse sommé d’agir, les coups de marteau des communications criardes et désordonnées des professionnels de l’agitation viennent finir le travail. Confusion, syncope, rideau. Sous cette pression psychologique, la position de l’observateur, de l’analyste qui doit tenter de garder son équilibre et de rester attentif au milieu de la bataille est assurément la moins confortable et la plus dangereuse. Et surtout… à quoi bon chroniquer la guerre de tous contre tous ? Quel intérêt a-t-on de compter les points entre militants radicaux et gouvernants passifs, tous professionnels de l’écran de fumée communicationnel, dans une bataille stérile où tous se détruisent ensemble – et « nous » avec ?

Or si le constat d’une société sans horizon et vouée à périr dans son immobilisme est facile à faire, il serait mensonger d’affirmer que ce mal a rongé toutes les forces, toutes les âmes du pays… Avec, contre ou en dépit du pouvoir, il se trouve encore des forces qui n’ont pas renoncé à la quête d’une cause commune et à l’action concrète en faveur d’une véritable communauté de destin. Il est encore, « sur le terrain », des élus, des entreprises, des associations, des intellectuels agissant concrètement, envers et contre tous, pour préserver des intérêts stratégiques et ranimer la société dans laquelle nous sommes pris – qu’on le veuille ou non. Qu’il s’agisse de faire (re)vivre des entreprises, des filières voire des secteurs entiers de l’économie ; d’œuvrer pour un aménagement et des stratégies territoriales conformes aux défis de notre temps ; de rechercher des solutions plutôt que de se lamenter face aux problèmes… il y a en fait un vivier de forces qui n’ont pas renoncé au combat pour une France vivante. C’est ce combat contre toutes les forces hostiles à ce qui fait de nous des concitoyens capables de vivre ensemble et pour le mieux sur ce territoire qui nous intéresse désormais.

Assurément, et heureusement, les initiatives sont diverses et tous les acteurs à l’œuvre ne sont pas nécessairement d’accord entre eux : leurs propositions et leurs vues peuvent être différentes, voire s’opposer. Mais c’est leur bonne volonté et leur bonne foi communes qui nous interpellent. Surtout, c’est la nécessité de valoriser ces actions, ceux qui les mènent, de favoriser le partage de leurs savoirs et savoirs-faire au profit de tous ceux qui veulent participer à ce combat, qui nous est apparue criante. Le paysage médiatique et informationnel est souvent monopolisé par des professionnels du bavardage, de la déception (au sens militaire du terme), de la propagande ou de l’agitation qui génèrent plus de crispations qu’ils ne font valoir de solutions réelles. Il existe certes un « journalisme de solution » ou un « journalisme constructif », mais celui-ci reste relativement marginal et aucun titre pratiquant cette approche n’offre un angle similaire à celui que nous proposons ici.

Voici donc le cap que Diatopes poursuivra à partir de septembre 2022. Ce sera notamment pour nous l’occasion de renouer le format des entretiens – vidéos et écrits – tels que ceux que nous avons réalisés lors de cette première année d’existence et dont le succès démontre tout l’intérêt pour nos lecteurs. Nous explorerons également d’autres formats, davantage tournés vers l’action que l’observation et l’analyse « passive » que nous pratiquions. Ce nouveau départ sera également, nous l’espérons, l’occasion d’accueillir de nouveaux contributeurs souhaitant, par leurs écrits, participer à ce combat pour la diffusion d’une information et d’une connaissance utiles et bénéfiques pour la vitalité de notre pays.